Je me rends compte que ce n’est pas joyeux d’être gay. Et ça, depuis toujours.

Insultés, provoqués, humiliés, pourchassés, déportés, exterminés et abattus. Pour le seul crime d’être attiré et d’aimer une personne du même sexe, mais est-ce que ce Monde est sérieux? Au Nom de qui, au Nom de quoi, qui sommes-nous pour juger, qui sommes-nous pour oser ainsi avoir le droit de vie ou de mort envers son prochain sous le seul et unique prétexte que sa sexualité dérange?

J’aime les hommes qui aiment les femmes.
J’aime les femmes qui aiment les hommes.
J’aime les hommes qui aiment les hommes.
J’aime les femmes qui aiment les femmes.
J’aime les enfants qui ont des parents qui s’aiment.

Mais je n’aime pas trop les gens qui empêchent les autres de s’aimer.

Orlando, mes amours. On ne vous oubliera pas. Que le Monde entier sache qui Vous étiez, que le Monde entier sache où mène la haine et l’homophobie, que le Monde entier ouvre les yeux et comprenne que le massacre d’Orlando existe dans d’autres pays, qu’en ce moment même, des êtres humains qui s’aiment sont traqués comme des bêtes sauvages et doivent vivre cachés pour sauver leurs peaux et leurs dignités.

Le week-end dernier, c’était la Marche des Fiertés à Toulouse, et alors que j’étais dans le cortège, observant la foule heureuse qui se déchaînait, je me posais la question de la légitimité de ces manifestations, quel pouvait être le but premier de montrer et revendiquer ainsi à la face du monde son orientation sexuelle, quel était l’intérêt d’essayer de faire comprendre aux gens que l’amour n’avait pas de sexe défini, et j’ai eu ma réponse,  malheureusement, en regardant les informations, hier soir. Plus que jamais, nous avons besoin de hurler à l’humanité entière tout notre amour à ceux qui n’entendent pas. Et lorsque je vois, avec son air constipé, Christine Boutin se fendre d’un tweet laconique en exprimant sa compassion sur cette malheureuse tragédie, lorsque je vois les partisans de « La Manif pour Tous » être d’une hypocrisie sans nom , d’un cynisme abject se répandre sur les réseaux sociaux avec des larmes de crocodiles, j’ai envie de vomir un arc-en-ciel sur leurs gueules. Vous, qui avez manifesté contre les homosexuels, vous qui les avez jugé d’abomination de la nature, indignes de vivre et d’aller au Paradis, indigne de pouvoir s’aimer et fonder une famille, le mieux que vous aviez à faire, c’était de vous taire, par respect, par décence. Vous qui avez exacerbé la haine quotidiennement, qui avez fait défiler des enfants,  incapable d’avoir leur libre arbitre, et qui répétaient mécaniquement « Un papa, une maman, un papa, une maman », et qui ne manquaient pas de rappeler chaque jour votre peur et votre haine envers les homosexuels, voyez où cela mène. Au nom d’une idéologie religieuse poussiéreuse et archaïque, qui prône l’amour de son prochain mais pas trop quand même. Qui sème le vent, récolte la tempête. La haine appelle la haine, la violence appelle la violence, et l’homophobie latente qui rampe dans notre société sous couvert d’humour gras tue.

Oui, l’homophobie tue.

Quant à vous, les politiques frileux, incapables de prononcer ce mot tabou: « HOMOPHOBE« . Oui, Orlando et ses 50 morts est une tragédie, un massacre, une attaque terroriste revendiquée par Daesh et ses attardés du bulbe, mais avant tout, c’est un acte HOMOPHOBE, dans une boîte de nuit gay et lesbien, fréquentée par de nombreux noirs et latinos.

Orlande, 50 morts. Leurs crimes, aimer.

Personne ne mérite de mourir parce qu’il aime. Personne.

Orlando, on ne vous oubliera pas.
Orlando, on continuera à défiler, main dans la main. Au nom de l’amour.

Vincent Lahouze

( Et comme dirait Mecano: « Ce qu’ils en pensent ou disent ne pourrait rien y faire. »)

 

LOVEISLOVE.

 

(Photo montage de @petitesluxures sur Twitter)

 

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